Chapitre 01
Qu’est-ce que le pôle Alimentaire ?
Le pôle Alimentaire a pour fonction de renforcer l’autonomie alimentaire locale sans prétendre remplacer à lui seul une exploitation agricole, une cuisine professionnelle ou un réseau de distribution. Il relie des activités qui peuvent rester séparées — jardin partagé, maraîchage, paniers, ateliers, cuisine, cantine, transformation, épicerie solidaire, récupération de surplus — mais qui deviennent plus utiles lorsqu’elles sont organisées comme un même système.
Son point de départ n’est donc pas « produire toute la nourriture de l’association ». Il consiste à identifier ce que le territoire possède déjà, ce qui manque réellement, et où une association peut apporter une valeur spécifique : un lieu, des débouchés, de la coordination, du matériel partagé, de la transmission, des commandes regroupées, une cuisine, du stockage, un réseau de bénévoles pour les activités associatives, ou encore un emploi partagé lorsqu’un besoin professionnel devient régulier.
Le pôle peut servir plusieurs publics en même temps : habitants qui souhaitent mieux manger ou apprendre à produire ; producteurs locaux qui cherchent des débouchés ou de la mutualisation ; personnes en difficulté alimentaire ; bénévoles qui veulent transmettre ; personnes en formation ; associations qui ont besoin de repas, de produits ou d’un lieu de cuisine ; et collectivités ou partenaires qui souhaitent soutenir des circuits locaux.
La forme associative permet d’organiser ces fonctions, y compris certaines ventes ou prestations. Elle ne supprime cependant ni les règles sanitaires, ni les règles du travail, ni les règles agricoles. Le principe directeur est simple : plus le pôle se rapproche d’une activité économique régulière, d’une production agricole, de la préparation de repas ou de la mise sur le marché de denrées, plus il doit appliquer les règles correspondant à cette activité réelle.